La Danza, tarentelle célèbre

Aucune danse ne résonne aussi irrésistiblement italienne que la tarentelle, avec son rythme caractéristique ternaire rapide, et sa sixte napolitaine nécessaire. C'est, je pense, le passage obligé de tout compositeur italien. 
Une des plus célèbres est la Danza, mélodie pour chant et piano faisant partie des "Soirées musicales", un ensemble de douze chansons écrites par Rossini dans les années 1835 et empruntant aux rythmes traditionnels italiens. Voici l'original, immortalisé par Pavarotti - du coup tous les ténors sont obligés de la chanter dorénavant :

[extrait de la traduction des paroles :
"Vite dansons en rond, en rond,
Toutes mes femmes venez là,
Un garçon beau et joyeux
Pour chacune il y aura,
Tant qu'au ciel brille une étoile
Et que la lune resplendira.
Le plus beau avec la plus belle
Toute la nuit dansera".]

Ce fut un tube, et Liszt en fit une version non moins virtuose pour piano :


Et voici la version orchestrée (par Respighi pour le ballet "La boutique fantastique", commande des ballets russes en 1919), réutilisée notamment dans le film "Le Corniaud" de Gérard Oury, dont une grande partie de l'action se déroule en Italie justement, avec Louis de Funès qui rend hommage à Charlie Chaplin et la scène du barbier du Dictateur, avec cette fois la danse hongroise n°5 de Brahms).




Et pour finir, un florilège de tarentelles fameuses où vous identifierez sans mal le rythme et le balancement harmonique caractéristique communs à toutes ces versions :

Liszt animé

Symbole de virtuosité, symbole du piano tout puissant, la Rhapsodie hongroise n°2 de Liszt, de par son final endiablé et ses cascades acrobatiques, a très souvent été utilisée comme musique de dessin-animé ; en voici quelques exemples célèbres :


Je vous propose ci-après deux versions, l'une animée, tirée du film "Qui veut la peau de Roger Rabbit ?" - Who Framed Roger Rabbit (1988) de Robert Zemeckis... :


...à comparer avec le sketch du pianiste et comédien Victor Borge, une pépite dans le genre :



...et si vous avez aimé, revoici Victor Borge (1909-2000) dans un autre sketch, avec Chopin en guest star :


Hungarian Rock, Mai 1978

Une musique d'atmosphère...
György Ligeti (1923-2006) est un compositeur de musique dite "classique contemporaine" (je déteste les étiquettes, mais bon, c'est juste pour vous donner une idée, ce n'est pas forcément la musique que vous écoutez tous les jours.) Mais vous avez peut-être déjà entendu une œuvre de Ligeti au détour d'un film de Stanley Kubrick (2001, l'Odyssée de l'espace, Eyes Wide Shut, The Shining).

Un "Rock baroque"...
Voici un enregistrement de ce rock particulier, à écouter avant (ou pendant), la suite de l'article :

Pendant que la main droite donne l'impression d'une improvisation libre d'inspiration traditionnelle assez virtuose, la main gauche, mécanique imperturbable, répète la même séquence de 20 accords, 44 fois de suite :
En couleur, on remarque que la BASSE des accords est TOUJOURS LA MÊME :
SOL-FA-DO-RÉ-LA
Donc pendant TOUT le morceau, on entend la basse qui est jouée 44 X 4 = 176 fois !
C'est le principe de la "Chaconne" (sous-titre de cette pièce) hérité de l'ère baroque (clin d’œil, car justement la pièce est écrite pour clavecin, instrument roi à l'époque baroque).

Une mécanique métronomique...
Le principe est ici érigé en mécanique, l'instrument devient machine.
L'inspiration de cette mécanique implacable est à chercher dans l’œuvre du compositeur américano-mexicain  Conlon Nancarrow (1912-1997) qui a exploré cette complexité rythmique, appliquée le plus souvent au piano mécanique, parfois inspiré du jazz :

Ou plus expérimental :

Enfin, n'oublions pas que Ligeti nous a proposé une œuvre unique,
un poème symphonique pour 100 métronomes.

Classical-music-digest !

Ou comment, par la magie du contrepoint et des enchaînements harmoniques, superposer 56 thèmes célèbres de 33 compositeurs différents, allant de J.-S. Bach à John Williams.

Boléro à quatre sur le même violoncelle

Sans doute l’œuvre la plus connue au monde. Dans une mise en scène hispanique et un arrangement subtil. Sur un seul instrument.... c'est la crise.

Xerse

Le Centre de Musique Baroque de Versailles m'a demandé d'illustrer le synopsis de l'opéra Xerse de Cavalli qui sera représenté à l'Opéra de Lille prochainement (du 2 au 10 octobre).
Il s'agira de la version remaniée avec Lully pour les noces de Louis XIV.

Vous trouverez ma modeste contribution au milieu d'articles scientifiques musicologiques très sérieux, par ici. (Vous reconnaîtrez facilement, c'est le seul endroit de la page où il y a de jolis dessins colorés).

Et pour ici, un petit avant goût de la représentation, veinards ! :